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Recommandations pour mobiliser la Diaspora du Maghreb
8/10/2015

Les auteurs de l'étude, Sébastien Dagault et Tiphaine Mallegol, partagent les résultats de leur recherche sur les professionnels de haut niveau issus des diasporas maghrébines et leur implication dans le développement de leurs pays d'origine.

 

L'Europe demeure la première destination pour les professionnels de la Diaspora maghrébine : elle accueille plus de 85% des profils qualifiés identifiés. Des profils de très haut niveau (souvent des cadres dans le domaine IT et des entrepreneurs accomplis) ont été identifiés aux Etats-Unis et au Canada. Le processus d'immigration des professionnels issus de la Diaspora maghrébine en Amérique du Nord est plus sélectif qu'en Europe : presque 70 % de ceux d'Amérique du Nord disposent d'une qualification académique très élevée, contre seulement 20% en Europe. Les pays du Golfe sont également de nouveaux territoires pour l'expatriation, particulièrement dans les domaines de la finance et du conseil, avec Dubaï  comme première destination.

 

90% des personnes interrogées affirment avoir le désir de revenir, un jour, s'installer dans leur pays d'origine et sont engagées, ou souhaitent s'engager dans leur développement économique. Pour ce faire, des réseaux professionnels Diaspora tels que AMGE en France (Marocain), TAYP aux Etats-Unis (tunisien), Fondation Club Avenir au Canada (algérien) et LMS au Royaume-Uni (maghrébin) peuvent s'avérer utiles. Les personnages interrogés expriment aussi un manque de confiance envers les structures gouvernementales et demandent de nouvelles relations entre public et privé afin de pouvoir sécuriser, surveiller et optimiser plus pertinemment leur investissement. Les dirigeants de ces réseaux ont besoin de tiers de confiance, qualifiés et agissant indépendamment dans leurs relations avec les membres des diasporas économiques.

 

Les travaux de recherche et d'analyse ont permis de mettre en évidence certains domaines qui sont à la fois des défis sociaux pour le développement des pays du Maghreb et des opportunités d'affaires excellentes. Par ordre de priorité pour les maghrébins de la diaspora économique: TIC, éducation et formation, environnement et énergie renouvelable, agriculture, tourisme, services bancaires et financiers.

 

La motivation principale pour investir dans le pays d'origine demeure la notion de "give back" (rendre "ce que l'on doit"). Les personnes interrogées souhaitent conserver un lien fort, ressentent le besoin de contribuer au développement du pays et de transmettre leurs connaissances. Les motivations supplémentaires incluent les opportunités de marché (avec Casablanca et Tunis en pôle), ainsi que la proximité culturelle et linguistique. La dimension "nationale" est importante mais la grande majorité des personnes interrogées considèrent leur implication dans leur pays comme une première étape : 60% considèrent l'Afrique comme un marché clé et utilise leur pays d'origine comme un territoire d'expérimentation. Lorsqu'on les interroge sur ce qui aurait le plus d'impact dans leur pays d'origine, cinq objectifs émergent: soutien à l'entrepreneuriat, développement des PME, micro-entreprises et entreprises locales, soutien à l'innovation, amélioration de l'attractivité pour les investissements.

 

Trois catégories d'acteurs peuvent être répertoriées :

- “pure players” : entrepreneurs avec un projet innovant et des ambitions, prêts à mettre en place leur propre entreprise entre les pays développés et les pays en développement :

- "co-players” : professionnels de la diaspora, désireux d'être directement impliqué dans un projet de start-up (investisseurs, associés, employés potentiel), prêt à prendre des risques et à investir des ressources et du temps mais sans assumer le leadership ;

- “supporters” : talents de la diaspora plus passifs, disposés à témoigner de leur expérience sans être impliquées dans la vie quotidienne de la start-up.

 

Trois recommandations opérationnelles peuvent être formulées :

- développer des services pour encourager la mobilité géographique et économique entre les territoires d'origine et de résidence ;

- améliorer la communication en travaillant sur la thématique "home sweet home" ;

- mettre en lumière davantage de "success stories" et développer des séminaires de terrain pour les professionnels issus de la Diaspora.

 

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